Des travailleuses de l’Est payées quelques centimes par heure .. en France! Lamentable

copyright www.dna.frCertes une enquête doit être encore menée et une décision de justice rendue. L’information est suffisamment grave, déjà relayée par des grands journaux tels que le Monde pour que je me permette de vous en parler.

En commençant ce blog sur le développement durable en entreprise, je ne pensais pas que j’aurais à aborder ce genre de sujet : Aujourd’hui la gendarmerie a confirmé discrètement qu’elle menait depuis le début de la semaine une enquête concernant : une cinquantaine  de travailleuses de l’Est venues ramassées des fraises et des asperges dans des champs alsaciens. Celles-ci  seraient employées dans des conditions inhumaines. La CGT qui a révélé l’affaire va même jusqu’à définir ce qui est pratiqué par cet « employeur » comme de l’esclavagisme. Selon le syndicat, certaines d’entre elles sont payées …6 euros pour 10 jours de présence. Pour information, je me permets de vous rappeler que le SMIC horaire est de 8.71 euros par heure. Difficile de croire qu’en France en 2009, ce genre de pratique puisse encore exister … Sous réserve des conclusions de l’enquête bien sur :  C’est honteux et lamentable.

copyright: www.intelhatch.comLe 19 juillet 2005 un Accord National Interprofessionnel (ANI) a été paraphé. Cet accord a été étendu par arrêté du ministre de l’Emploi, de la Cohésion sociale et du Logement en date du 30 mai 2006, modifié par arrêté du 15 juin 2006. Ce texte donne du télétravail la définition suivante :

«Le télétravail est une forme d’organisation et/ou de réalisation du travail, utilisant les technologies de l’information dans le cadre d’un contrat de travail et dans laquelle un travail, qui aurait également pu être réalisé dans les locaux de l’employeur, est effectué hors de ces locaux de façon régulière.»

Concrètement il s’agit de permettre aux employés d’une entreprise de travailler de chez eux quelques journées dans le mois.

Cette solution présente de nombreux avantages :

-          Réduction de l’impact CO2. En effet l’employé restant à domicile, il n’a pas besoin d’emprunter les transports en commun ou sa voiture pour se rendre au bureau.

-          Attraction et fidélisation des « Talents ». Sun Microsytems, une des entreprises pionnières dans ce domaine affirme que ses télétravailleurs citent le programme « open work » comme la première raison pour laquelle il recommanderait leur employeur. De plus, cette facilité permet de recruter dans des zones plus éloignées de l’entreprise qu’habituellement; par exemple un cadre qui souhaite passer une partie de la semaine au vert.

-          Meilleure productivité. Difficile à chiffrer mais plusieurs chef d’entreprise estiment que le télétravail augmente l’efficacité des cadres, comme par exemple le fondateur de Mayetic, un éditeur de logiciel.

-          Limiter les coûts des bureaux grâce à ce qu’on appelle le « hot desking » ou « Hoteling ». Comme son nom ne l’indique pas vraiment, il s’agit de partager un bureau entre plusieurs employés. Le principe est d’optimiser le ratio « employé présent dans les locaux et nombre d’espace individuel de travail disponible ». Dell, IBM, Deloitte sont des adaptes. Manifestement ces entreprises peuvent parfois économiser jusqu’à 1/3 d’espace (et par conséquent faire baisse la facture des locaux).

-          Développement personnel et professionnel : Toujours très difficile à mesurer mais de nombreux experts estiment que l’autonomie et la capacité à prendre des initiatives s’améliorent. Ceci semble logique : si on n’a pas son supérieur hiérarchique physiquement à côté, on y réfléchit certainement à deux fois avant de poser une question.

-          Un aspect non négligeable est que  travailler de la maison occasionnellement peut soulager du moins partiellement ceux pour qui l’aspect logistique est encore plus important comme les mères de famille ou les travailleurs handicapés.

Bien sur si on veut adopter ce mode de fonctionnement, certains aspects doivent être pris en compte si on veut que ça fonctionne :

-          La confiance mutuelle, la responsabilisation du télé travailleur. Il ne faut pas en profiter pour faire la grasse matinée ou son ménage !

-          Des moments doivent être organisées pour qu’il y ait un vrai esprit d’équipe.

-          Une routine avec les collègues, les supérieurs hiérarchiques doit être organisé.

… Et surtout ne jamais rien ne remplacera les gossips/prise de décision/ discussion qui se font autour de la machine à café !

C’est pourquoi je pense qu’utiliser avec parcimonie et avec des règles bien établies le télé travail est une excellente chose.

Et vous avez-vous l’expérience du travail de la maison ? Pensez-vous que ce soit une bonne solution ? Y voyez-vous des inconvénients ?

Gérer carrière et enfant reste difficile en France … mais malgré tout ; moins difficile qu’ailleurs.

copyright www.classandcareers.netConcilier travail et vie de famille reste compliqué (en France),  titrait un article du Monde le 30 avril dernier. Ceci fait suite à l’analyse des résultats d’une grande enquête que  l’INED (Institut National des Etudes Démographiques) vient de publier sur les politiques de conciliation en entreprise.  

Je profite de la parution de cette étude pour vous parler d’un sujet qui m’est cher.

La vie familiale ne relève plus seulement de la sphère privée. En effet au début des années 2000, l’Union Européenne a mis en place une « stratégie européenne pour l’emploi » (SEE). Un de ses 3 objectifs est un taux d’emploi des femmes de 60% en Europe. En France il est de 60% pour les mères de 1 ou 2 enfants, mais il baisse à 51% quand un enfant a moins de 3 ans. Pour les mères de 3 enfants ou plus, il est de 34% et il descend à 22% si le petit dernier a moins de trois ans.

Est-ce une réelle surprise pour vous si je vous dis que les grands constats qui se dégagent de l’enquête ;  c’est que plus de la moitié des entreprises n’offrent aucun soutien à la parentalité et que les dissymétries hommes-femmes demeurent ?

Il est vrai que gérer carrière et enfant est difficile pour une jeune maman française …et puis faire garder son enfant coûte cher. Et je sais de quoi je parle ! Ce qui ne facilite pas la vie des mamans pour travailler et progresser en entreprise (et là j’ai la chance que ce ne soit pas mon cas – Thanks Jon and Levon !), c’est que toujours d’après l’enquête de l’INED les entreprises françaises sont très réticentes à l’introduction d’une certaine souplesse dans les horaires et elles continuent d’organiser des réunions importantes à partir de  19.00.

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Cependant, mon expérience personnelle et professionnelle en Europe m’a démontré que les mamans françaises n’étaient pas si mal loties … si on compare leurs situations avec celles de leurs homologues européennes. En effet en France il est difficile de trouver un mode de garde, mais au moins le concept a le mérite d’exister et il y a vrai débat national (quel que soit la couleur du gouvernement) pour améliorer la situation. Demandez à une maman allemande quelles sont ces options à elles !  Faire garder ses enfants coûte cher, mais au moins il y a des crédits d’impôts, des allocations familiales qui permettent d’alléger la facture. Demandez à une maman anglaise ce que ses frais de garde lui coûtent à elles ! Et le plus important, sauf cas exceptionnel, une maman française ne sera pas catalogué « mauvaise mère »  si elle assume un poste à responsabilité en rentrant de congé maternité. Et là jamais je n’oublierai les remarques  persistantes de mes collègues après la naissance de ma fille.

D’ailleurs la France a avec un taux de natalité de plus de deux enfants par femme est championne d’Europe. Je suis convaincue qu’il y a un lien de cause à effet. C’est parce la France aide (au moins un peu) plus les mères que les autres pays européens que ce résultat est possible.

Cependant je crois aussi de nombreux efforts restent à faire.

J’ai trois propositions (gratuites) à faire concernant les cadres :

-          Le télé travail (j’expliquerai dans une prochaine note ce que c’est exactement)

-          Plus de souplesse sur les horaires

-          Fin des réunions qui se terminent après 18.00

Je suis convaincue que ces propositions ne vont pas faire baisser la productivité, je pense même que les résultats vont être améliorés.

Et vous, qu’en pensez-vous ? Pensez-vous aussi qu’en France il est plus facile pour une femme de concilier famille et carrière. Pensez-vous que les propositions ci-dessus pourraient faciliter la vie des cadres-mères sans pour autant baisser la productivité ?

Le point commun entre l’Allemagne et la Corée du sud? …No 1 en emplois verts!

copyright-drapeaux du monde.netLa Corée du Sud (47 millions d’habitant, soit environ 20 millions de moins que la France) a annoncé un new deal vert de 38 milliards de dollars devant permettre la création de 960 000 emplois à travers un programme de 36 projets pour les 4 ans à venir. Il est intéressant de noter qu’en 2006, soit avant la crise, Jacque Attali, économiste et écrivain  français a dans son livre « une brève histoire de l’avenir »  prédit  que la Corée du Sud serait amené a joué un grand rôle dans la nouvelle configuration du monde et ce grâce à ses forts investissement financiers et humains en innovation. La Corée du Sud ambitionne d’être dans les 5 nations leader en technologie verte d’ici 2020. Les projets principaux prévus dans les 4 ans à venir sont dans l’immobilier, l’industrie automobile, les infrastructures ferroviaires et cyclables, l’eau et la forêt. L’ancien petit dragon asiatique serait-il en passe de devenir une vitrine du monde vert vers lequel nous rêvons tous (ou presque) de tendre ?

copyright artd'aujourd'hui.com

L’Allemagne quant à elle a depuis plusieurs années déjà permis la création d’emplois verts. D’après Terra Eco, près de 140 000 emplois dans le BTP vert ont été crées en Allemagne entre 2001 et 2006. Ceux-ci ont pu voir le jour grâce aux 3.9 milliards de subventions, qui ont stimulé 11 milliards d’euros d’investissements privés. Une autre des grandes forces de l’Allemagne c’est qu’elle a depuis longtemps également misé sur les métiers, dit peu qualifiés. D’ailleurs je ne pense pas que « peu qualifié » soit le bon terme. Il s’agit de formations menant à des métiers qui ne nécessitent pas de passer par la case « université » et « baccalauréat ».  L’eco-construction par exemple est très consommatrice d’emploi « peu qualifié » et c’est souvent la particularité des emplois verts. L’Allemagne montre des signes très positifs quant à sa capacité à continué sa révolution verte.

A l’inverse la France a toujours quelque peu méprisé l’enseignement technique. D’après Eloi Laurent,  de l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE),  « on constate, par exemple, que le personnel capable manque cruellement dans l’éco construction. Le Grenelle de l’environnement prévoit d’y consacrer plus de 200 milliards, mais rien pour la formation. » Bref il semble que la France soit en train de passer à côté de ce gisement d’emplois. Jean-Louis Borloo, Ministre de l’Ecologie et du développement durable,  estime la création  500 000 emplois verts pour la période 2009-2020. Faudra t-il faire venir ses compétences de l’étranger ?

Et vous, pensez-vous que la France ne fait pas assez d’effort pour former des talents en éco conception. Avez-vous des solutions à proposer ?

Travailleur indépendant dans le développement durable: un métier porteur?

copyright-linternaute.comJ’entends de plus en plus souvent parler d’amis cadres travaillant sous un statut de freelance, de portage salarial,ou d’intérim. Est-ce choisi ? Est-ce subi ?

Certes on peut se dire que les entreprises hésitent à recruter, qu’elles préfèrent ne pas s’engager sur le long terme. Je crois pourtant qu’il s’agit d’une tendance de fond qui ne vient pas uniquement des entreprises, mais aussi et surtout des individus eux-mêmes. En effet il est  loin le temps où on pensait faire toute sa carrière dans la même institution. Je connais même beaucoup de recruteurs et responsable RH qui conseillent de ne pas rester plus de 5 ans quelque part. Chaque individu pour des raisons différentes peut être motivé par le travail en mode projet ou mission. Un projet, une mission a le mérite d’avoir un début et une fin. Ce mode de fonctionnement permet de changer régulièrement d’environnement, d’être associé à des projets actifs.

Depuis longtemps cette pratique est très courante en informatique. En effet un grand nombre d’informaticien travaillent en tant qu’indépendant ou dans une SSII, ce qui leur permet de recommencer un nouveau projet immédiatement après qu’un soit terminé. Ainsi ça permet de gérer sa carrière de façon plus dynamique et décidée.

Un autre avantage à ne pas être employé en CDI, c’est d’avoir une plus grande flexibilité pour organiser sa vie personnelle. On peut décider de réaliser quelque chose qui nous  tient à cœur pendant quelques semaines ou quelques mois, par exemple voyager, faire une mission humanitaire, s’occuper de sa famille.

Je pense que le développement durable se prête au mode de fonctionnement en projet. Je pense également que les gens qui souhaitent travailler dans ce secteur sont en général des individus qui avant tout veulent donner du sens à leur travail et attachent donc énormément d’importance au choix de leur mission.

J’imagine que dans les années à venir le statut de freelance, intérim, auto-entrepreneur va se développer dans ce secteur. Et vous, qu’en pensez-vous ?

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